Les lésions périnéales liées à l’accouchement, telles que les déchirures du périnée ou l’épisiotomie (incision au niveau du périnée), sont fréquentes. La plupart nécessitent des points de suture qui, malgré les soins et la prise d’antalgiques, peuvent entraîner des douleurs durant plusieurs mois et impacter la vie sexuelle ou l’image corporelle.
Actuellement, la prise en charge des lésions du périnée repose principalement sur leur suture. Certaines études suggèrent que le plasma riche en plaquettes (PRP), déjà utilisé pour le traitement des complications périnéales, pourrait favoriser de manière préventive la cicatrisation périnéale et réduire la douleur.
Pour compléter les données scientifiques sur cette nouvelle indication et améliorer la prise en charge des femmes après un accouchement par voie basse, la Maternité des HUG lance l’étude RELIEVE (REducing Labour-Induced Episiotomy and Vaginal tear pain using Platelet Rich Plasma for Enhanced healing). Le but est d’évaluer si l’injection de PRP, au moment de la réparation périnéale, est bien tolérée, réduit la douleur et favorise la cicatrisation par rapport à la procédure habituelle.
Les participantes à l’étude sont affectées au hasard dans un groupe :
- soit le groupe contrôle qui reçoit une injection périnéale de sérum physiologique (placebo sans principe actif)
- soit le groupe d’intervention qui reçoit une injection périnéale du médicament étudié (PRP) à une dose de 4-5 ml.
Pour obtenir des résultats fiables, l’étude est à la fois randomisée (répartition aléatoire des participantes dans les groupes) et en triple aveugle (aucune des personnes impliquées dans sa réalisation ne sait qui est dans quel groupe).
- Accoucher à la Maternité des HUG et présenter une lésion périnéale nécessitant une suture chirurgicale lors de l’accouchement.
- Accepter deux consultations supplémentaires pour surveiller le processus de cicatrisation du périnée.
Lors de la suture périnéale, une injection de PRP ou de liquide physiologique est réalisée, directement après l’accouchement, sous anesthésie péridurale ou locale.
Deux consultations de 20-30 minutes sont organisées, la première trois semaines après l’accouchement, la seconde trois mois plus tard. La participante est interrogée sur son état de santé (douleurs, température, etc.), la survenue d’éventuels effets indésirables et sa satisfaction concernant la cicatrisation de son périnée. Un examen gynécologique sans speculum est pratiqué pour évaluer l’efficacité et la sécurité du traitement à l’étude.
À six mois, la participante reçoit par e-mail un court questionnaire sur sa sexualité et l’image qu’elle a de ses organes génitaux. À tout moment, elle peut interrompre sa participation à l’étude.
Au contact de certaines lésions, les plaquettes sanguines libèrent des protéines qui contribuent à la cicatrisation du tissu lésé. Le PRP est un moyen d'augmenter la concentration locale de plaquettes sanguines sur le site lésé à réparer. Il est préparé à partir du sang de la future maman et ne contient aucun produit d’origine animale ni médicament ajouté. Il est enrichi en plaquettes par centrifugation, ce qui améliore la libération locale des facteurs de croissance nécessaires à la réparation tissulaire.
Ainsi, ce nouveau traitement contribuerait à améliorer la cicatrisation, réduire la douleur et d’autres complications postopératoires. Si l’étude démontre son efficacité, l’utilisation de PRP pourrait être généralisée à la Maternité des HUG dans le cadre de la réparation des déchirures périnéales et des épisiotomies.
- Infection, hématome ou douleurs au site d’injection (limités par la réalisation de l’acte sous anesthésie péridurale ou locale).
Indépendamment de l’étude, ces risques sont déjà présents lors de toute suture périnéale après un accouchement par voie vaginale. Il n’est pas attendu qu’ils soient augmentés spécifiquement par l’injection de PRP.
Toutes les données sont anonymisées et traitées de manière confidentielle.
Les participantes ne reçoivent ni argent ni aucune autre compensation. Elles n’ont aucun coût supplémentaire ni leur assurance maladie.
L’étude a été autorisée par la Commission cantonale d’éthique de la recherche Genève (CCER) et par l’autorité Swissmedic. Elle suit les prescriptions de la législation suisse et l’ensemble des directives reconnues au niveau international.
Vous trouverez un descriptif de l’étude sur le site Internet de référence de l’Office fédéral de la santé publique : www.kofam.ch
Maternité des HUG, boulevard de la Cluse 30, 1205 Genève.
oceane.pecheux@hug.ch ou +41 79 553 57 47
L’étude est financée par les Hôpitaux universitaires de Genève et par le fonds Projet Recherche et Développement de la Fondation privée des HUG.


